Le parc de la Poudrerie : la forêt de l'après-poudre, à dix minutes de Drancy
À moins de dix kilomètres à vol d’oiseau du centre de Drancy, il existe une forêt de près de 140 hectares, avec des étangs, un canal qui la traverse et des ruines d’usine sous les arbres. Le parc forestier de la Poudrerie s’étale sur quatre communes, Sevran, Livry-Gargan, Villepinte et Vaujours. Il porte encore le nom de l’établissement qui l’a occupé pendant un siècle : la poudrerie nationale de Sevran-Livry.
Une usine dans les bois
En 1867, Napoléon III décide d’installer une poudrerie nationale sur ce boisement, à bonne distance de Paris et le long du canal de l’Ourcq, qui fournit l’eau et le moyen de transport. L’usine fabrique de la poudre à usage civil et militaire pendant près d’un siècle, jusque dans les années 1970, puis le site est réaménagé par l’Office national des forêts.
Sur les quelque 300 bâtiments construits pour l’usine, une vingtaine subsiste. Les noms disent à eux seuls le passé du lieu : « le Clocheton », devenu le Pavillon Maurouard, les deux pavillons du poste de garde de l’entrée principale, élevés en 1884, et l’arc de la cartoucherie, dernier vestige d’un atelier. Le reste a été absorbé par la végétation. L’endroit a ceci de particulier qu’il superpose deux histoires : celle d’un bois ancien, et celle d’une usine de guerre qui a façonné son relief et ses chemins.
Un parc, deux rives
Le canal de l’Ourcq traverse le parc et le coupe en deux mondes, reliés par une passerelle. D’un côté, les bois Sablons et Tussion, qui comptent parmi les derniers témoins de l’immense forêt de Bondy, cette forêt de l’est parisien grignotée par les villes. De l’autre, les pelouses, les mares, la ferme pédagogique, la maison du parc, les aires de jeux et le musée.
La biodiversité du site est comparable à celle des grandes forêts d’Île-de-France, ce qui lui a valu son inscription au réseau Natura 2000. Chênes, saules, érables, ifs et séquoias composent un couvert inhabituel pour un parc urbain, et une équipe d’écogardes y veille sur la faune.
Le musée des poudres
Dans les bâtiments conservés, le musée technique des poudres et de l’armement raconte l’usine, ses fabrications et ses ouvriers. Il est animé par les Amis du parc forestier de la Poudrerie et ouvre au public un dimanche sur deux, de 14h30 à 17h30, sur réservation. Le Pavillon Maurouard accueille de son côté des expositions et des animations gratuites tout au long de l’année.
Y aller depuis Drancy
Deux entrées sont faciles à rejoindre en transports en commun. La station Vert-Galant du RER B, direction Mitry-Claye, dépose presque au cœur du parc ; on peut aussi descendre à Sevran-Livry et rejoindre l’entrée à pied, le long des berges du canal. En voiture, un parking de 200 places se trouve allée Eugène Burlot, à Vaujours. En saison, du 1er mai au 30 septembre, l’accès piéton est libre en permanence et le parking ouvre de 7h30 à 22h.
Quoi y faire
Le parc propose deux aires de jeux, un parcours de santé, un parcours de disc golf, la maison des abeilles, un jardin d’émerveillement, une buvette, des tables de pique-nique, un poney club à proximité immédiate, et même un golf départemental, accessible par la porte de l’Ouest. Les marcheurs peuvent enchaîner sur les berges du canal, qui filent vers le parc de la Bergère et les bords de l’Ourcq.
Une buvette, des points d’eau potable et des sanitaires sont installés en saison, et l’entrée principale, allée Eugène Burlot, dispose d’un parking pour les voitures et les cars. Une précision utile : le nom du parc vient de l’usine ; il n’y a pas de site industriel à visiter, ce sont les vestiges et le musée qui racontent l’histoire.
C’est la sortie nature la plus proche de Drancy, et sans doute la plus surprenante : on y marche dans un bois qui a produit de la poudre, sur des chemins tracés pour des chariots d’usine, à quelques stations de RER d’une ville devenue, elle, entièrement urbaine.
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