La Jeanne d'Arc de Drancy, un club de 1903 devenu omnisports
Son nom figure sur les tableaux de la Coupe de France, à côté de clubs professionnels, et sur les maillots de milliers de gamins du nord-est parisien. La Jeanne d’Arc de Drancy est née en 1903, dans le mouvement des patronages paroissiaux, et n’a jamais quitté la ville. Aujourd’hui, elle réunit une vingtaine de sections, du football au basket, et sert de maison de quartier pour plusieurs générations d’habitants.
Une société de gymnastique née dans un patronage
En 1903, Drancy compte alors quelques milliers d’habitants et vit encore de ses cultures. La loi de 1901 sur les associations permet aux paroisses de structurer leurs œuvres, et la Société de gymnastique de Drancy est créée cette année-là, placée sous le patronage de Jeanne d’Arc. Le choix du patronage n’est pas anodin : la loi de 1901 vient d’encadrer les associations, la République prépare la séparation des Églises et de l’État, et les patronages offrent aux jeunes ouvriers un encadrement sportif et moral que les municipalités ne proposent pas encore.
Le club est animé par les sœurs Catherine et Anne-Marie, religieuses de la Charité, et soutenu par la baronne de Ladoucette, châtelaine de la commune. Les statuts de la JAD sont déposés le 19 octobre 1917, en pleine guerre, et le général Max Récamier en devient le premier président. La structure juridique prend ainsi le relais du patronage, sans en changer l’esprit.
Le football démarre avenue Marceau en 1918
La section de football naît en 1918. Le terrain est aménagé au 26 avenue Marceau, sur un terrain dont l’acquisition doit beaucoup à la famille de sœur Anne-Marie. Le stade prend plus tard le nom de l’abbé Paul André, aumônier du club, et reste le cœur historique de la Jeanne d’Arc.
Les premières décennies sont celles d’un club de quartier, avec ses équipes de jeunes et ses fêtes. La ville, elle, change de visage : de 4 817 habitants en 1911, elle passe à environ 50 000 en 1930, avec les lotissements, les cités-jardins des cheminots et les premiers grands ensembles. Le club suit la croissance, section par section.
2018, la saison du titre et de la montée
Le football amateur français est une machine à monter et à descendre. La JAD en fait l’expérience au début des années 2000, avec quatre promotions consécutives entre 2003 et 2006, puis un titre de champion de CFA 2 en 2009. En 2017-2018, le club réussit la saison de sa vie : champion de National 2, avec une seule défaite en trente journées, il accède pour la première fois au National, l’antichambre de la Ligue 2.
L’aventure dure un an. Dernier de National en 2018-2019, le club redescend en National 2, où il évolue encore aujourd’hui. Le stade Paul-André, avec ses tribunes modestes, n’a pas l’allure des enceintes professionnelles, mais il a accueilli cette saison-là des clubs passés par la Ligue 1.
Deux huitièmes de finale de Coupe de France
La Coupe de France a offert au club ses soirées les plus célèbres. En 2011, la JAD élimine Boulogne-sur-Mer, alors en Ligue 2, sur un but de Karim Herouat au bout du temps additionnel, puis s’incline 1 à 0 face à Nice en huitième de finale, au stade Marville de La Courneuve.
L’année suivante, le club récidive et devient le premier club amateur à atteindre deux huitièmes de finale consécutifs. Le 8 janvier 2012, la qualification contre Strasbourg déclenche un envahissement de terrain resté dans les mémoires. Drancy élimine ensuite Limoges, puis tombe face au Gazélec Ajaccio, club de National, sur le score de 2 à 0.
Un club omnisports, et une aide aux devoirs
Le football a fait la notoriété, mais la JAD est d’abord une association de proximité. Elle fédère une vingtaine de sections, avec plus de 3 000 adhérents, ce qui en fait l’un des premiers clubs omnisports de Seine-Saint-Denis. Le siège et les installations se trouvent toujours avenue Marceau.
Le club assure aussi un accompagnement scolaire. L’aide aux devoirs a été créée en 1995 par Marie-Françoise Couturier, pour les licenciés des équipes de jeunes, et fonctionne encore aujourd’hui. C’est sans doute la partie la moins visible de son activité, et la plus utile à ses adhérents.
Pour situer le club dans la ville, notre page sur Drancy, en Seine-Saint-Denis, raconte comment le village de maraîchers est devenu une commune de 50 000 habitants en une génération.
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