Le musée de l'Air et de l'Espace du Bourget, une porte vers le ciel à deux pas de Drancy
Drancy borde l’un des plus grands musées d’aviation du monde sans que beaucoup de ses habitants le sachent. Le musée de l’Air et de l’Espace, installé sur l’aéroport du Bourget, à la limite des communes du Bourget et de Dugny, se trouve à une dizaine de minutes en voiture du centre de la ville. Il faut y aller, au moins une fois : c’est l’un de ces endroits où l’on mesure, en une visite, tout le chemin parcouru depuis les cerfs-volants et les montgolfières jusqu’aux fusées.
Le plus ancien musée d’aviation du monde
Le musée est né en 1919, sur une proposition d’Albert Caquot, dans un hangar d’Issy-les-Moulinneaux, avant d’être inauguré à Meudon en 1921. Il a déménagé au Bourget à partir de 1973, sous l’impulsion du général Pierre Lissarrague, et a investi l’aérogare Art déco construite par Georges Labro pour l’Exposition universelle de 1937. Le lieu n’a pas été choisi au hasard. C’est sur ce terrain qu’ont atterri les pionniers : Charles Lindbergh y pose son avion le 21 mai 1927, à l’issue de la première traversée de l’Atlantique nord en solitaire et sans escale, deux semaines après que Nungesser et Coli se sont envolés de la même piste à bord de l’Oiseau blanc, disparu à jamais. Le musée conserve l’unique relique de cet avion, son train d’atterrissage, largué quelques minutes après le décollage du 8 mai 1927.
Des débuts de l’aviation aux fusées
Les collections réunissent plus de 150 avions exposés, parmi 40 000 objets conservés. La Grande Galerie, ouverte en 1987 dans l’ancienne aérogare, rassemble les appareils des débuts de l’aviation et de la Première Guerre mondiale, avec des pièces uniques comme le SPAD VII de Georges Guynemer, l’as aux 53 victoires. On y croise aussi des chasseurs à réaction des années 1950, des avions de ligne, et un planétarium rénové en 2000.
Dehors, sur l’esplanade, les maquettes grandeur nature d’Ariane 1 et d’Ariane 5 trônent à côté d’un avion de patrouille maritime. À l’intérieur, le Hall de l’Espace abrite la capsule de rentrée du vaisseau Soyouz T-6, celle qui a ramené Jean-Loup Chrétien de sa première mission en 1982. Et puis il y a le Hall Concorde, construit en 1994 autour des deux supersoniques conservés par le musée, dont le prototype 001, premier exemplaire à avoir volé en 1969 aux mains d’André Turcat. Se tenir sous le nez inclinable de l’appareil d’Air France, dans l’aérogare où il a atterri pour la dernière fois, reste une émotion à part.
Un aéroport toujours vivant
Le musée partage son terrain avec l’un des aéroports d’affaires les plus actifs d’Europe, et avec le salon aéronautique qui s’y tient les années impaires. L’ensemble vit aussi au rythme des grands chantiers : l’aérogare, restaurée dans son état d’origine, a rouvert en décembre 2019 pour le centenaire du musée, et à la fin de l’année 2026, la ligne 17 du métro du Grand Paris Express doit desservir le site avec la station Le Bourget Aéroport. De quoi rapprocher encore Drancy de ce géant de tôle et de toile.
La visite en pratique
Le musée s’étend sur un vaste terrain : comptez au moins une demi-journée, davantage si vous voulez tout voir. L’entrée est payante, gratuite le premier dimanche de chaque mois, et une grande partie des collections se visite à l’extérieur, qu’il pleuve ou qu’il vente. Les familles y trouvent leur compte, avec des avions à toucher et des expositions très visuelles, et les passionnés peuvent y passer la journée entière sans voir le temps passer. Le site est aussi accessible à vélo depuis Drancy par les aménagements du secteur, une option à prévoir par beau temps.
Le conseil du guide : commencez par l’esplanade et ses fusées grandeur nature, puis terminez par la Grande Galerie. Les plus beaux moments du musée se jouent dehors, quand un avion d’affaires décolle au-dessus des hangars pendant que l’on contemple le Concorde : toute l’histoire de l’aéronautique tient dans ce contraste.
Les accès au secteur depuis Drancy sont détaillés dans notre guide des transports : le musée du Bourget est une porte d’entrée vers le ciel à quelques kilomètres seulement de la ville.
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