Locations touristiques à Drancy : 90 jours par an au maximum et un numéro d'enregistrement obligatoire
Tapage nocturne, fêtes à répétition, allées et venues dans les parties communes, stationnement anarchique devant certaines propriétés, et parfois prostitution. Les services municipaux de Drancy ont vu grimper les plaintes de riverains visant des logements proposés sur Airbnb, Booking et Abritel. La Ville a donc activé le dispositif de régulation que lui ouvre la loi Le Meur, entrée en vigueur au 1er janvier 2025, comme l’ont fait plus de 200 communes françaises.
Ce que la Ville reproche à la location courte durée
Le maire, Jean-Christophe Lagarde, pose la limite : « Nous ne voulons pas que certains quartiers deviennent des lieux de passage permanent, ni que le marché de la location résidentielle s’appauvrisse. » L’argument n’est pas de décourager la location occasionnelle entre particuliers, mais d’empêcher qu’un logement résidentiel se transforme en activité commerciale, avec les nuisances de voisinage qui viennent avec, et sans rapport avec le parc de logements disponibles pour les Drancéens.
371 annonces actives, et surtout des logements entiers
Les chiffres donnent la mesure du phénomène. En juin 2026, AirDNA recensait 371 annonces de locations touristiques actives à Drancy, toutes plateformes confondues. Parmi elles, 77,1 %, soit 286 annonces, portent sur des logements entiers, et 58,2 % sont proposées entre 271 et 365 jours par an. L’Atelier parisien d’urbanisme comptait de son côté, en 2025, 253 logements en location sur Airbnb à Drancy, dont 194 logements entiers. Des logements qui sortent d’autant plus facilement du marché classique qu’ils sont loués presque toute l’année.
Résidence principale : 90 jours et un numéro à afficher
Le conseil municipal a voté en septembre une délibération qui ramène de 120 à 90 jours par année civile la durée maximale de location touristique d’une résidence principale. Le plafond national reste de 120 jours, seules les communes qui en font la demande, comme Drancy, descendent plus bas.
Deuxième étage du dispositif : l’enregistrement. Un règlement européen impose depuis mai dernier un numéro d’enregistrement à treize chiffres. La Ville demande donc aux propriétaires de se déclarer en mairie pour l’obtenir, et ce numéro devra figurer sur les annonces publiées sur les plateformes. Pour la commune, c’est un moyen de suivre le marché et de contrôler plus facilement le respect des règles.
Résidence secondaire : changement d’usage et compensation
Pour les résidences secondaires, la loi interdit aux mairies de plafonner le nombre de jours de location. Drancy a donc porté le sujet devant l’EPT Paris Terres d’Envol, qui a voté le 28 septembre 2026 la possibilité de soumettre ces logements à une demande de changement d’usage. Le principe de compensation l’accompagne : un propriétaire qui obtient ce changement d’usage devra remettre sur le marché locatif classique une habitation de surface équivalente. En clair, une nuitée touristique de plus se paie d’un logement rendu à l’habitation.
La suite est dissuasive. L’absence de déclaration et l’absence de demande de changement d’usage constituent désormais des délits que la Ville poursuivra. Les démarches de référence sont la déclaration en mairie des meublés de tourisme, formulaire Cerfa 14004*04, et la fiche sur le fait de louer sa résidence secondaire en location de vacances.
Ce que peuvent faire les copropriétés
La loi Le Meur a aussi changé la vie des copropriétés. Avant 2025, interdire les locations touristiques dans un immeuble supposait en général de modifier le règlement à l’unanimité, un obstacle presque infranchissable. Désormais, une copropriété dont le règlement comporte une clause dite d’habitation bourgeoise, qui interdit les activités commerciales dans les lots d’habitation, peut voter l’interdiction à la majorité des membres du syndicat représentant au moins deux tiers des voix.
Autre cas : les règlements de copropriété postérieurs à 2024 obligent le syndicat à se prononcer sur l’autorisation ou l’interdiction. Si l’autorisation est votée, le copropriétaire qui met son appartement en location touristique doit en informer son syndic.
Pour les propriétaires drancéens, la première étape concrète est la même pour tous : passer par la mairie. Les coordonnées et les horaires sont dans la page mairie de Drancy.