Taxe foncière à Drancy : d'où viennent les 6 points de hausse votés cette année

Le château de Ladoucette, dans le parc du même nom à Drancy
Photo : Ykmyks, CC BY-SA 3.0 (Wikimedia Commons)

Octobre est le mois de la taxe foncière, et à Drancy l’avis sera plus lourd que l’an dernier. La Ville a publié le 24 septembre une explication de la hausse votée au printemps en même temps que le budget : le taux communal est passé de 42,49 % en 2025 à 48,50 %, six points de plus, soit 15 % d’augmentation. La majorité assume le chiffre et détaille ses raisons.

Premier élément, le mécanisme. L’État fixe la base, la commune fixe son taux. La base a été revalorisée de 0,8 % cette année, bien moins que l’inflation constatée en août sur un an, 2,4 %. C’est donc le taux communal qui a fait le reste. Drancy rappelle au passage qu’entre 2015 et 2025, les bases nationales ont grimpé de 37,4 %, une progression qui s’applique même aux communes n’ayant pas touché à leurs taux.

La cotisation retraite des agents

Le deuxième élément pèse lourd. Un décret a relevé le taux de cotisation à la CNRACL, la caisse de retraite des agents territoriaux. Pour Drancy, la facture supplémentaire atteint 700 000 euros par an en 2025, 2026, 2027 et 2028, soit 2,8 millions d’euros de plus par an à partir de 2028 par rapport à 2024. Un point de taxe foncière rapportant près de 500 000 euros à la commune, cette seule cotisation absorbe une large part de la hausse.

S’y ajoute la baisse de la dotation globale de fonctionnement, passée de 12,89 millions d’euros en 2016 à 11,05 millions en 2026. La Ville rappelle qu’une commune, contrairement à l’État, n’a pas le droit d’être déficitaire.

Ce qui reste financé

La municipalité met en avant 2,1 millions d’euros d’économies en deux ans, obtenues en passant chaque service au crible et en ne renouvelant pas de nombreux contrats d’agents contractuels. Elle compare ses effectifs, 1 700 agents pour 72 000 habitants, à ceux de Pantin, Bobigny ou Aulnay-sous-Bois. Les arbitrages n’évitent pas les reports, certains travaux de voirie et projets attendant des subventions. La cantine reste gratuite dans les écoles élémentaires, et le nouveau groupe scolaire du Baillet doit accueillir ses premiers élèves à la rentrée 2028.