Violences contre les mineurs : la Seine-Saint-Denis renforce sa coordination, une campagne arrive dans les écoles

Vue de Drancy, en Seine-Saint-Denis
Photo : Yann240b, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Comment mieux protéger les enfants en danger dans le département le plus jeune de France, où vivent plus de 430 000 mineurs ? La question a occupé un séminaire des maires organisé à Bobigny en début de semaine. Les représentants de 30 des 39 communes y ont suivi des ateliers consacrés à la protection de l’enfance. Drancy fait partie des communes concernées par les dispositifs annoncés.

Le préfet Julien Charles résume le contexte sans détour : « Sur le plan national et local aussi, on a un développement des affaires liées à la protection de l’enfance, une hausse continue du nombre de signalements et une attente renforcée de la population sur ces sujets. » L’idée du séminaire est de « donner des outils aux maires » pour « qu’ils aient les bons réflexes lorsqu’ils sont saisis de ce type d’affaire et sachent à qui s’adresser sans perdre de temps ».

Ce que disent les chiffres du parquet

Les affaires de violences contre les mineurs, hors violences sexuelles, ont augmenté de 40 % en trois ans en Seine-Saint-Denis, pour atteindre 2 935 affaires en 2025. Sur les violences sexuelles, la hausse est de 30 %, avec 1 593 affaires transmises au parquet l’an dernier, dont la majorité trouve son origine dans le milieu familial.

Au tribunal de Bobigny, deuxième de France après Paris, quatorze magistrats travaillent à la division du parquet chargée des affaires impliquant des mineurs. « On consacre une énorme énergie à bien les traiter », insiste le procureur Alexandre de Bosschère, qui prévoit une pression à la hausse : « La pression va continuer à monter, avec plus de signalements, de plaintes, de révélations, au fur et à mesure qu’on sensibilise dans les écoles. »

Côté Département, la protection de l’enfance représente « 330 millions d’euros, hors charges de personnel, 17 % du budget total de fonctionnement », avance la vice-présidente Nadia Azoug (Les Écologistes).

Un groupe de suivi permanent, et une campagne en octobre

La nouveauté tient à l’organisation. Un groupe de suivi « permanent » réunit désormais l’État, le Département, la justice, l’éducation nationale et l’association des maires. Trois maires, ceux de Montreuil, de L’Île-Saint-Denis et de Saint-Ouen, sont venus raconter ce qu’ils ont mis en place dans leurs villes, entre vérification des casiers judiciaires des encadrants périscolaires et formation des agents à recueillir la parole des enfants.

Le rendez-vous suivant est fixé partout dans le département, Drancy comprise : en octobre, une campagne d’affichage débutera dans tous les établissements scolaires, pour inciter à signaler un enfant en danger. Coups, insultes, humiliations, violences sexuelles, violences éducatives : le message renvoie au 119, service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger, gratuit et joignable 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Des autocollants à hauteur d’enfants seront aussi collés dans les lieux fréquentés par les élèves, avec une silhouette recroquevillée et une phrase : « Ça va mal ? Dis-le ».

À Drancy, l’accompagnement des familles passe notamment par la Maison des parents, qui fête ses cinq ans cette année et organise une kermesse le 26 septembre.