Violences contre les mineurs : la Seine-Saint-Denis renforce sa coordination, une campagne arrive dans les écoles
Comment mieux protéger les enfants en danger dans le département le plus jeune de France, où vivent plus de 430 000 mineurs ? La question a occupé un séminaire des maires organisé à Bobigny en début de semaine. Les représentants de 30 des 39 communes y ont suivi des ateliers consacrés à la protection de l’enfance. Drancy fait partie des communes concernées par les dispositifs annoncés.
Le préfet Julien Charles résume le contexte sans détour : « Sur le plan national et local aussi, on a un développement des affaires liées à la protection de l’enfance, une hausse continue du nombre de signalements et une attente renforcée de la population sur ces sujets. » L’idée du séminaire est de « donner des outils aux maires » pour « qu’ils aient les bons réflexes lorsqu’ils sont saisis de ce type d’affaire et sachent à qui s’adresser sans perdre de temps ».
Ce que disent les chiffres du parquet
Les affaires de violences contre les mineurs, hors violences sexuelles, ont augmenté de 40 % en trois ans en Seine-Saint-Denis, pour atteindre 2 935 affaires en 2025. Sur les violences sexuelles, la hausse est de 30 %, avec 1 593 affaires transmises au parquet l’an dernier, dont la majorité trouve son origine dans le milieu familial.
Au tribunal de Bobigny, deuxième de France après Paris, quatorze magistrats travaillent à la division du parquet chargée des affaires impliquant des mineurs. « On consacre une énorme énergie à bien les traiter », insiste le procureur Alexandre de Bosschère, qui prévoit une pression à la hausse : « La pression va continuer à monter, avec plus de signalements, de plaintes, de révélations, au fur et à mesure qu’on sensibilise dans les écoles. »
Côté Département, la protection de l’enfance représente « 330 millions d’euros, hors charges de personnel, 17 % du budget total de fonctionnement », avance la vice-présidente Nadia Azoug (Les Écologistes).
Un groupe de suivi permanent, et une campagne en octobre
La nouveauté tient à l’organisation. Un groupe de suivi « permanent » réunit désormais l’État, le Département, la justice, l’éducation nationale et l’association des maires. Trois maires, ceux de Montreuil, de L’Île-Saint-Denis et de Saint-Ouen, sont venus raconter ce qu’ils ont mis en place dans leurs villes, entre vérification des casiers judiciaires des encadrants périscolaires et formation des agents à recueillir la parole des enfants.
Le rendez-vous suivant est fixé partout dans le département, Drancy comprise : en octobre, une campagne d’affichage débutera dans tous les établissements scolaires, pour inciter à signaler un enfant en danger. Coups, insultes, humiliations, violences sexuelles, violences éducatives : le message renvoie au 119, service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger, gratuit et joignable 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Des autocollants à hauteur d’enfants seront aussi collés dans les lieux fréquentés par les élèves, avec une silhouette recroquevillée et une phrase : « Ça va mal ? Dis-le ».
À Drancy, l’accompagnement des familles passe notamment par la Maison des parents, qui fête ses cinq ans cette année et organise une kermesse le 26 septembre.